Internet, une technologie nourrie au charbon

Aujourd’hui, difficile de se passer d’Internet et des nouvelles technologies digitales, mobiles ou non, qui l’utilisent. Au premier jour de la COP21, la Conférence de Paris sur le changement climatique, Net-Tonic s’est penché sur une nouvelle tendance : les sites Web écologiques et sur la problématique de l’impact sur l’environnement d’Internet au sens large. Venez, ça nous concerne tous !

Internet, une technologie vraiment polluante.

Toutes les étapes du numérique ont un impact sur l’environnement : l’extraction des ressources naturelles nécessaires à la fabrication du matériel que nous utilisons, leur transport et leur transformation ; l’usage que nous avons de ce matériel, sa fin de vie et son recyclage.

Envoyer un courriel, réaliser une recherche sur Google, mettre à jour son statut Facebook, Internet est une source importante de consommation énergétique et par conséquent, d’émissions de CO². Une pollution qui paraît peu visible mais qui se concrétise par un impact écologique sans cesse croissant.

Deux sources principales de la consommation électrique d’Internet : les serveurs (data centers) et les postes clients (ordinateurs, smartphones, tablettes,…). Une pollution pas si… virtuelle…

Impact écologique d’un site Internet

Un site Web, d’apparence impalpable, dématérialisé, est en fait un produit énergivore ayant un réel impact écologique depuis sa création jusqu’à son utilisation par l’internaute.

Lors de sa création, le développeur utilise son ordinateur, un serveur local ou distant sur lequel il réalise ses sauvegardes ; envoie de nombreux courriels ; consulte les sites Web de la concurrence, télécharge d’éventuels contenus ;… Toutes ces actions engendrent évidemment une consommation importante d’énergie.

Une fois peaufiné, le site web est uploadé sur un serveur distant (un data center qui nécessite obligatoirement une source d’énergie permanente) afin d’être conservé en toute sécurité, accessible en tout temps en fonction des requêtes des internautes. Sans rien faire et sans être visité, votre site Web consomme de l’énergie.

Enfin, un site consulté par un internaute consomme en temps réel de l’énergie. Sur les quelques secondes qui séparent la requête introduite par l’internaute afin d’accéder à un site Web (via un un favoris, un lien, l’encodage de l’URL) et l’affichage total de la page, des centaines de serveurs nourris au charbon sont contactés par le site Web en question, en attente de réponses, et engendre par conséquent de grandes dépenses énergétiques.

Des contenus et des pratiques énergivores

Le téléchargement des pages Web, comme nous venons de le voir n’est pas la seule dépense d’énergie sur un site. En effet, les affichages en temps réel entraînent une consommation supplémentaire d’énergie : compteurs de likes et de partages sur les médias sociaux, les publicités, les lectures et rafraîchissements automatiques,…

Diminuer l’empreinte carbone de son site Web.

Voici quelques astuces afin de réduire l’impact de son site Web :

  • Préférez le HTML5 voire le JavaScript comme technologie de développement.
  • Choisissez un serveur proche de votre public cible. Vos visiteurs sont belges ou européens ? Évitez de choisir un serveur à l’autre bout du monde. L’énergie consommée pour acheminer le contenu de vos pages sera évidemment réduite.
  • Réduisez le poids des pages et donc leur temps de chargement. Plus une page est conséquente à télécharger, plus le nombre de données échangées est important et plus les requêtes serveurs sont nombreuses.
  • Compresser les CSS, les fichiers et les images, utiliser des polices standards peut participer à la réduction du poids des pages d’un site Web.
  • Pour aller plus loin, il est également possible d’acheter des certificats d’électricité verte, des crédits CO² ou d’envisager d’alimenter vos locaux grâce à des sources d’énergie renouvelable..

Un site Web écologique serait donc un site qui respecterait toutes ces recommandations en plus d’une conscientisation du développeur Web à l’éco-conception.

Des bonnes pratiques faciles à mettre en oeuvre en tant qu’internaute

En tant que consommateur et utilisateur, nous avons tout un rôle important à jouer. Voici quelques bonnes pratiques à privilégier lors de votre utilisation d’Internet afin de réduire votre impact :

Évitez les requêtes dans les moteurs de recherche quand on connaît l’adresse du site Web auquel on veut accéder. En effet, chaque recherche sur Google (ou autre) génère des émissions de CO² puisque de nombreux serveurs sont contactés en à peine une seconde.

Les moteurs de recherche des géants du Web sont devenus, d’après de récentes études, responsables de 2% des émissions de CO² dans le monde. Soit autant que l’aviation civile ! Utiliser les favoris ! Surtout quand on sait que parmi les 5 termes les plus recherchés en Belgique en 2014 se trouvaient Facebook, Youtube, Hotmail, Google auxquels il suffit de rajouter un .com dans la barre de requête URL… Hum…

Limitez l’usage du cloud au sens large du terme. Le cloud, c’est le stockage de vos photos, e-mails, vidéos, musiques et autres contenus sur un serveur distant accessible en ligne. Or nous avons vu que les serveurs, tournant 7j/7 – 24h/24 sont de gigantesques gouffres à énergie.

  • Ne stockez sur serveur que les données qui doivent vraiment l’être. Supprimez tous les fichiers inutiles ou désuets.
  • Favorisez le stockage local sur disque dur externe par exemple.
  • Supprimez les courriels inutiles de votre boite de réception.

Prendre certaines habitudes au quotidien.

Il n’y a pas de petits gestes si on est des milliards à les faire…

  • Utilisez le plus longtemps possible vos équipements avant de les remplacer. Sinon, au lieu de les jeter à la déchetterie, préférez les réintroduire dans des circuits de revalorisation (ressourceries, magasins de seconde main,…).
  • Éteignez votre modem, votre box ou votre décodeur lorsqu’ils ne sont pas utilisés.
  • Préférez regarder les programmes télévisés sur une TV plutôt qu’en streaming qui génère des flux supplémentaires, l’utilisation de la bande passante, des requêtes serveurs en continu,…
  • Optimisez la taille des documents en pièce jointe (favoriser les fichiers compressés).

Faire le tri dans vos pratiques.

Avez-vous vraiment besoin de passer autant de temps sur le Web à regarder des vidéos de chats ? Avez-vous vraiment besoin de partager toute votre vie sur les réseaux sociaux. Avez-vous vraiment besoin de conserver les mails échangés il y a 5 ans avec votre belle-mère ? Avez-vous vraiment besoin d’envoyer à tous vos contacts une chaîne qui porte la poisse pendant 15 ans si on la garde pour soi ?

Évidemment, toute cette consommation énergétique est en mettre en perspective avec les économies indéniables réalisées sur le papier, le transport de courrier,…

Analysons nos pratiques numériques, soyons conscients de leur impact sur l’environnement et gardons en tête les enjeux qu’elles impliquent au quotidien…

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